"0", zone de cons damnés

Petite conne

Posté dans Blabla

A 180kms/h, sous une pluie battante, avec une visibilité nulle pour ainsi dire, c’est fou ce que la place du mort peut avoir de réconfortant… Y avait deux idées qui tournaient en boucle dans ma tête : « grouille-toi d’arriver à bon port » et « grouille-toi d’arriver vivante ».  Fallait-il que je l’aime, cette petite conne, pour avaler ainsi le bitume, quitte à finir dans le décor…  Faut dire qu’elle avait bien manœuvré. Elle s’était démerdée pour me relancer pile poil après une litanie arrosée et je l’avais érigée en phare. J’avais promis.

Arrivée plus sauve que saine, je poussais la porte, qu’elle avait laissée entrouverte à mon intention, je longeai le couloir, je montai un étage et je me laissai guider par les pétales de roses que son romantisme invétéré avait disposé à l’arrache.

« _ Heureusement que je n’étais pas en train de me masturber ! », me lança-t-elle, comme j’entrai dans la pièce où devait avoir lieu la réception. Elle était là, assise sur un canapé sans intérêt, dans une robe achetée pour l’occasion, les lacets de ses chaussures à talons défaits.  Un an déjà ? Un an que je ne l’avais pas vue ?

Elle prépara des cocktails dans une flasque de scotch qu’elle n’avait probablement pas était soucieuse de rincer. Son shaker était cassé. Fallait la voir secouer mes aïeux… Une experte dans le domaine, ma petite conne ! Tandis que nous buvions sans prendre la peine de trinquer, elle me racontait ses péripéties et pronostiquait sur les coïts à venir, en étalant une couche de fond de teint comme d’autres étalent du beurre dans un moule.  Au moment précis où le blaireau à paillettes balayait l’intérieur de son cou, depuis le menton jusqu’au décolleté, elle me fascinait. Je la retrouvais fidèle au souvenir que j’en avais, trait pour trait.

Les invités arrivaient. Il fallait la partager un peu. Pendant qu’elle paradait au milieu de ces corps sans âme, je focalisais toute mon attention sur deux petites loupiotes murales. Banales en tout autre endroit, elles incarnaient ici le libertinage le plus pur. Un savant mélange d’aristocratie et de sensualité dépravée. Je ne les quittais du regard que pour me poser sur ce point mouvant et scintillant, sous les feux complices de la lampe, dont les lacets, à présent, parfaitement noués narguaient celles et ceux qui désiraient les défaire.

17:55 - 17/06/2007 - commenter ce billet

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