"0", zone de cons damnés

Le démon overbooké (suite et fin)

Posté dans De Fortuna rerum

Une nuit, alors que je passais le week-end à V***, chez mes parents, une scène troublante devait se jouer dans mon lit.

Après avoir passé quelques minutes à la fenêtre de ma chambre, depuis laquelle j’ai vue sur le château d’eau noyé dans le turquoise de ses néons, j’avais rejoint mes pénates, fatiguée, lasse. Je m’étais endormie quelques dizaines de minutes plus tard. Vers 5h du matin, alors que j’étais vraisemblablement en phase de sommeil léger, mon attention se concentra sur une voix dont j’étais le destinataire. Je compris assez vite ce qui se disait. Une phrase répétée en continue, à un rythme métronomique. En revanche, je mis plus de temps à saisir que cette voix était en fait MA voix. Entendons nous bien : à mis chemin entre la veille et le sommeil, je ne parlais pas. Mais cette voix était bel et bien la mienne. Nul doute possible. Je la reconnaissais parfaitement. Elle disait sans arrêt ceci : " étrangle-toi ". Impossible de définir, même grossièrement, le temps que cela dura. Alors que je toussais crescendo dans l’intensité, je finis par me réveiller totalement. J’étais à plat ventre (je ne dors jamais à plat ventre d'ordinaire), le corps en travers du lit, la tête dans le vide, du côté gauche de ma couche étant donnée ma position, la main contractée sur mon cou. La première pensée qui me vint consistait à considérer la force avec laquelle j’écrasais ma gorge : comment était-il possible que j’eue autant de puissance, attendu l’état de délassement total propre au sommeil ? Ahurie et fascinée par ce qui venait de se passer, je jetai les yeux au sol, et là, sous ma tête en suspend, mon regard croisa celui de mon reflet. Il y avait un miroir, là, tout juste sous mon visage. Je l’empoignai aussitôt et sondai de toute ma rage ce qu’il me renvoyait, comme un aveugle fouille du nez ce qu’il ne peut pas voir. Tandis qu’il gardait ses mystères, secondé par les brumes nocturnes, je l’insultais, une fois encore, dans un bras de fer ultime, entre les contingences de la science et la nécessité de mes croyances.


Denise Chat

19:39 - 5/07/2007 - commenter ce billet

Scie circulaire

Lorsque je me deteste, j'entends ma voix supplier l'entité sociale répressive de me découper en morceaux à la scie circulaire. J'imagine alors mon corps devenir un objet d'étude anatomique, à la manière des oeuvres de Damien Hirst. Je pense à celle-ci en particulier: http://www.cristianolovatelliravarinonews.com/articoli/elssmith/Damien%20Hirst.jpg

CowBoy - 15:46 - 6/07/2007

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