"0", zone de cons damnés

Dada

Posté dans Chez Bonnibar

Chez " Beaux nibards ", c’était l’auberge espagnole version tiers-mondiste. Y avait de tout, à tous les étages. Du roumain, du chinois, du sénégalais, du chilien… Et puis il y avait ce je ne sais quoi de solidarité qui faisait que même si la promiscuité enfantait quelques désagréments jamais personne ne venait s’en plaindre. Jamais personne sauf Dada.

Dada, c’était un mec qui se prétendait zen mais qui ne l’était pas. Qui se croyait beau mais qui ne l’était pas. Qui espérait être intéressant mais qui ne l’était pas. Dada il aspirait à être un mec bien. Ca crevait les yeux. Mais malgré toute la bonne volonté qu’il y mettait, il n’est jamais parvenu à servir d’exemple au ramassis de débauchés que nous étions alors. C’est vous dire ce qu’il est doué le Dada. Pourtant, y aurait presque eu de quoi culpabiliser face à sa vie bien rangée de mec raté. Il savait prendre son temps pour préparer des petits déj’ pleins de vitamines et de produits bio. Il se lavait tous les jours à heure fixe, même que ! Il nettoyait les parties communes (et je ne parle pas que de l’intimité de sa rousse) où les cheveux d’une certaine se lovaient dans les poils d’un certain. Sur le toit de la cour où il avait improvisé un balcon, Il entretenait ses plantes, - flore de compagnie pour citadins en mal de verdure -, plantes que des vents étonnamment étrangers au climat de la région arrosaient de mégots : tantôt Balaguère ou Bora, tantôt Sirocco ou Pampero mais jamais dadaïen le vent…

Bref, Dada c’était un peu le Ned Flanders des Simpsons. Et comme Ned Flanders, Dada n’aimait pas le bruit après 22h. Sauf que pour nous, 22h, c’était un peu midi. Commençait alors, sur le palier, un drôle de balai sans tutu. Il allait taper à une porte vers 23h30. On faisait la sourde oreille. Mais c’était mal connaître Dada. Dada ne bouge pas. Dada attend. Alors la brebis égarée ouvrait timidement la porte et recueillait, l’oreille attendrie, le sermon de Père Dada. Ce qui n’empêchait nullement le locataire bruyant, deux bières plus tard, de remonter le volume d’un degré supérieur à ce qu’il avait été baissé, offrant à Dada une plus value pour le dérangement et l’humiliation. Alors Dada frappait à nouveau. Le locataire culotté n’ouvrait pas. Cette fois, ce n’était plus la sourde oreille qu’il fallait mettre en cause mais bel et bien la musique assourdissante qui faisait trembler les murs depuis le premier jusqu’au troisième. Dada redoublait ses coups avec une plus value dans l’intensité (c’est fou ce que l’immobilier rapporte !) en signe de légère impatience. La porte s’ouvrait et la scène se répétait. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que Dada tombe de fatigue ou que l’autre fasse un coma éthylique…

19:46 - 23/07/2007 - commenter ce billet

Compassions pour Dada

Etudiant médiocre, je réside en cité U.
Mes jeunes années me servir à tester la patience de mes voisins aux décibels électriques tardives.
C'est pourquoi, maintenant vieux et aigri, je tente de patienter lorsqu'il plaît à mes jeunes nouveaux voisins d'écouter une musique BoomBoomante à 3 heures du matin. Néanmoins...Aaaaaaaaaah le pauvre Dada, la raison n'est pas jeunesse...

Sinon, comme d'habitude, bel écrit. Très classe dans la sobriété, on prend le temps de se poser dans le récit tellement il est cohérent et bien décrit. "Vherri Gouude" dirais-je pour faire chier ma prof' d'anglais! :-)
a plus dans le tard du temps d'après qui arrive (ça veut dire "bye" en anglais)...

nox - 23:07 - 23/07/2007

En bon Dadaïste, lorsque j’occupais mon ancien appartement et qu’à 3h00 du mat , mon voisin faisait péter le son, l’alcool, et les drogues dures diverses, je frappais à sa porte et demandais gentiment : « vous pouvez baisser un peu le niveau les gars ? ».

Aujourd’hui, dans mon nouvel appart, il m’arrive d’entendre à 3h00 du mat, la copine de mon voisin hurler de plaisir. Dans ces cas là, je vais frapper à la porte et demande, sourire aux lèvres : « c’est ici la sauterie ? ».

A Dada sur mon bidet - 11:05 - 24/07/2007

Ce n'est qu'un début, Nox...

De la compassion pour Dada? Moui, de mémoire, j'ai dû passer par là avant d'en arriver à la pitié... Mais je me fais un devoir de te fournir les éléments dont je dispose pour le mépriser à souhait sans circonflexer des sourcils. Suffira de lire la rubrique "Bonnibar" ;)
Quant à tes jeunes voisins, pas de pitié! Compose le 17 avant minuit, ou le 15, après. Héhé... A plouch!

Edité par 17h27 le 24/07/2007 à 11:11

17h27 - 11:10 - 24/07/2007

Ah bah en parlant de bidet...

Chez Bonnibar, ça s'envoyait en l'air dans les chiottes aussi... En particulier, celles qui jouxtaient la piaule de Dada. Mais bizarrement, Dada n'allait pas frapouiller à la puerta del rodéo sesssssualll... Il attendait sagement d'aller nettoyer les restes d'un bonheur qu'il ne caresserait jamais que par kleenex interposé.

17h27 - 11:21 - 24/07/2007

Bonnibar, je patiente

Tu veux dire que Dada étiat une sorte de curé à l'allure à peine fraternelle vivant dans l'entourage dévergondé d'étudiants enfumés?
Seule sa main droite virvoletant le chibre gynophobe...

Sinon, pour mes jeunots du dessous, pas la peine de recourir au téléphone. Patience et bière peuvent parfois s'accorder! :-)

nox - 11:38 - 24/07/2007

Pour plagier Gilliam...

Tu n'y es pas Nox. Ce que je voulais dire, c'était que Dada " penserait sans cesse que, derrière ces portes étroites [...], des hommes en chemise de laine rouge prennaient des pieds phénoménaux à faire des choses qu'il ne connaitrait jamais". :)

17h27 - 09:31 - 25/07/2007

ça me contrarie...

beaucoup qu'il s'appelle Dada (tu pourrais pas lui trouver un autre surnom ? Coincer un "li" entre les deux "da", par ex). J'ai en effet un gros faible pour Tzara et Picabia, et particulièrement pour ce dernier car j'adhère entièrement à sa philosophie : "Le soir j'étais triste car j'avais mangé des anchois. Le matin le médecin me réconforta ; pourquoi être triste ? Après tout, j'ai mangé les anchois, les anchois ne m'ont pas mangé".

BizigDu - 11:49 - 27/07/2007

Chéwiiie, pour toi, je veux bien...

...tomber la majuscule. Ca sera "dada" même en début de phrase. Alors? Heureuse?
[Je ne sais pas pourquoi mais je la sens mal, la réponse...]

17h27 - 23:36 - 27/07/2007

Arf...

Ce n'est pas assez, tu t'en doutais bien, mais je ne peux malheureusement pas te contraindre...

BizigDu - 00:32 - 28/07/2007

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