| "0", zone de cons damnés |
Trépidations in uteroFaut que vous parle de ces petits moments de pur plaisir. Faut que je vous en parle au moins un peu. La première fois que je suis passée sur ce pont, je devais avoir 20 ans tout juste. 20 ans, toutes mes dents et même mon hymen. J'allais rejoindre un mec qui, officiellement, était le mien. Officieusement, ce mec, je le partageais avec d'autres. C'était donc la toute première fois (toute toute première fois, toute toute première fois, toute première fois) que je passais sur ce pont à pied. Le hasard du calendrier voulut qu' aux abords d'une heure du matin, je le traversais de nuit. Oh, je vous vois déjà, bande de romantico- flonfloneux, imaginant la silhouette d'une jeune et frêle donzelle, évoluant vers son destin, sous la clarté clémente d'une lune pleine, les cheveux aux quatre vents, tandis que sous ses pieds, les eaux calmes d'un fleuve, soupirent parfois, donnant la réplique au silence? Ha ha ha! Houuuu la honte! Permettez-moi de vous dire que vous êtes carrément à côté de la plaque. Mais je vais vous aider à vous immerger mes gaillards: y avait peut-être bien une lune visible ce soir là, mais il n'y avait pas d'eau. Le pont dont je vous parle était un pont autoroutier. Endroit , - vous l'aurez compris -, particulièrement bruyant. Moi, je m'en fichais: j'avais du wok'nwoll dans les oreilles. Je traînais un peu les pieds parce que je savais pertinemment que j'allais m'emmerder avec l'autre con. Et là: le trip. C'était démoniaque. Un quart de seconde, ça avait duré. Mais j'en étais encore toute vaseuse, une minute après. Qu'est-ce qui a bien pu se passer? Voilà: arrivée sur le pont , à l'endroit précis où les voies se dessinent à la perpendiculaire sous mon corps, j'avais tourné la tête à gauche, d'où j'avais une vue plongeante sur la circulation qui arrivait vers moi. Un énorme camion avait surgi à toute vitesse passant sous moi à l'exact moment où j'avais jeté les yeux en sa direction. C'était une révélation. Un peu comme si je venais de me faire écraser mais que je n'étais pas morte. Avec ce je ne sais quoi d'érotisme et de perversité. J'ai poussé un cri de jo(u)i(ssanc)e type "wow" mais en moins civilisé. Puis j'ai passé une demi-heure accrochée à la balustrade, à guetter les camions susceptibles de venir me tuer encore et encore. Et à chaque passage d'un poids lourds, c'était une nouvelle onomatopée. Quel pied! QUEL PIED! Or, ce que je ne savais pas, c'était qu'en parallèle des voies d'autoroute, un peu plus loin sur le pont, entre deux pans de végétation sauvage, filait une voie ferroviaire! Ca n'aurait cependant pas été raisonnable de jouer les trainspotters alors que j'étais attendue. Quoique... 15:10 - 25/08/2007 - commenter ce billet
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