| "0", zone de cons damnés |
Infanticide (suite de "17h27 au pays des merveilles")17h27 allait-elle passer la frontière en toute impunité ?? Coupable en deux endroits (vol aggravé par son objet), échapperait-elle aux crocs acérés des douaniers, dont les opérations multiples constituaient une réelle menace ?? Allait-elle se retrouver nue, jambes écartées, à l’arrière d’une camionnette, avec un faisceau de lumière planté dans ses impasses ? [Pouce ! Resituons les événements dans leur contexte : Noël approchait à grands pas et la perspective d’une prime au rendement, -voire, au mérite, suivant une définition scabreuse et propre au ministère de l’intérieur-, attisait l’appétit des hommes en bleu, appétit par ailleurs si médiocres à l’accoutumée. Vous voilà renseignés. Retrouvons sans attendre la tension dramatique de l’incipit. ] 17h27 passerait-elle le seuil de chez Bonnibar sans être inquiétée de rien ? N’y avait-il pas une justice pour rendre son verdict ? C’est ce que nous allons voir… A mille lieues de ces interrogations, je ne me posais pas plus de questions sur le retour que je ne m’en étais posées sur l’aller. Et comme je n’avais plus de pile dans mon baladeur (resté allumé toute la nuit), je regardais, par la fenêtre, le paysage défiler. C’était horriblement chiant, mais ça valait mieux que de résoudre une grille de sodoku sans crayon de bois. Aussi, je prenais mon mal en patience, et dès que mon regard rencontrait des vaches, je les imaginais venir s’écraser contre le train dans une effusion de sang à faire pâlir d’envie Takeishi Kitano. Cependant, les vaches, bien trop occupées à brouter l’herbe, ne secouaient pas même l’oreille à mon passage éclair. Je les maudissais et poursuivais ma valse orbitale à deux temps. Arrivée à bon port (sans avoir pris de bateau hein …), nul n’étant informé de ma courte escapade, je ne fus cueillie par personne. Pas même l’ombre d’un schtroumpf. En rentrant dans ma chambre de bonne, au deuxième étage de chez Bonnibar, je les ai longtemps regardées mes graines. L'œil maternel et proxénète. Ah oui! J'allais avoir la main verte! Je l'avais décrété. A l’aide d’une vieille baguette chinoise,- qui me servait accessoirement à incarner les chefs d’orchestre sur la 7e de Beethoven-, je jouais la fée-décideuse-de-sexe, en envoyant des ondes magiques « femellisantes ». Après une danse de la joie, je laissais la satisfaction envahir mes pores, tandis que mon énergie achevait de les déserter. A cette époque, je fréquentais des spécialistes du THC. De vrais scientifiques. Suffisait de descendre un étage pour avoir accès libre au centre de documentation et d’information le plus fourni de toute la métropole. L’ensemble tenait dans 20 m2. Consciente de ma fainéantise en matière de bachotage, je m’étais contentée de la Bible du débutant et avais regagné ma chambre, décidée à lire studieusement, le temps que mes filles se déploient timidement. Quelques semaines plus tard, j’avais de quoi crâner. Elles aussi. Droites comme des « i », leurs tiges me disaient : « je crois qu’il est temps de virer les tuteurs ! Vise un peu comment on est gaulées ! ». Je hochais la tête, en signe d’acquiescement, le regard plein de complicité. Mais c’est qu’elles allaient se passer des lampes à sodium mes filles ! Je n’en revenais pas de leur robustesse et me félicitais, à voix haute, d’avoir contribué à ce chef d’œuvre. Un matin, je fus réveillée en sursauts par des coups répétés contre ma porte. « _ Police ! Ouvrez ! » Quoi ? Etait-ce un cauchemar ? Si tel était le cas, pourquoi ne me réveillais-je donc pas ? Et si je me pinçais, pour voir si je dormais vraiment? Mais qui me dit que je n’aurais pas eu la même idée dans mon rêve ?? Voilà ce qui me traversait l’esprit alors que, depuis le couloir, les coups se répétaient avec un regain d’intensité qui me plongeait dans une détresse totale. « _ Putain, mais ils vont défoncer la porte ces cons ! », pensais-je, complètement paniquée. Je regardais mes plantes. Je regardais ma porte. Je reregardais mes plantes, je reregardais ma porte que les forces de l’ordre faisaient bondir sous leurs poings énergiques et vraisemblablement poilus. Et merde … Alors, sur la pointe des pieds, je me levai, ouvris un tiroir, m’emparai d’une paire de ciseaux et entamai le carnage. Les branches tombaient les unes après les autres, à un rythme insoutenable et frénétique. Mes doigts étaient devenus de véritables machines à tuer. J’avais le visage figé dans une sainte horreur, l’œil haineux et sourd, la bouche pleine d'un dégoût amer. Considérant que les pas s’éloignaient, et qu’ils redescendaient pour aviser de la suite des opérations, j’emmenais les corps découpés dans un linceul de PQ, direction les WCS du 3e étage. A vue d’oreille, les policiers étaient au rez-de-chaussée. Je les entendais parler avec quelqu’un dont la voix m’était par trop familière. Dada ! Ce chien de collabo allait-il me balancer ? Pire que le pire des concierges, il savait, à toute heure du jour et de la nuit, qui était présent ou pas. Mais les flics repartaient. J’ai pensé qu’ils allaient chercher un mandat et que je n’avais pas une seconde à perdre. Après un sourire larmoyant à l’intention des membres chéris qui gisaient, pêle-mêle, entre mes mains assassines, je les balançai dans les chiottes et tirai la chasse en m’excusant des yeux, le cœur déchiré. Pathétique cérémonie d’adieu. Je répétai l’opération autant de fois que nécessaire. Puis je transportai la terre des bacs dans le jardin, au pied de l’immeuble. La police ne revint que le lendemain. Cette fois, j’étais décidée à ouvrir la porte. Pourtant, les coups furent assenés à la porte d'à côté. Interloquée, j’attendais que les agents rectifient le tir. En vain. Puis la porte d’entrée claqua. Ils étaient repartis. Plus tard, alors que je m’apprêtais à sortir, je croisais Dada dans un couloir. « _ Les flics sont venus te voir ? _ Euh, non… _ Ah bon ? Parce qu’ils ont frappé à toutes les portes. Ils cherchent Mme D***. Tu sais, la blonde qui vit sur ton palier ? Apparemment, elle a fait des choses pas jolies jolies… » Et alors qu’il brûlait d’impatience de me faire un rapport détaillé de ce qu’on reprochait à ma voisine, je le coupai dans son élan d’un geste qui voulait dire « au revoir » et je sortis, vacillante et blasée. 20:59 - 23/09/2007 - commenter ce billet
|
Su-sucre Memento mori Contact
Essuie tes doigts Portrait robot Archives Contre 10 bons points Amis Autre rive Articles Recents - 36 15 ma vie (ou le post le plus court de tous les temps) - M.-J. et moi - Ma trentaine, je t'aime! Ne nous marions pas, pour le meilleur, jusqu'à ce que la quarantaine nous sépare. - Youhou... - La débâcle de Gros Doigts
Categories -Blabla -Sages les images -Les fables de la femme fontaine -Uppercut hypercuisant -De Fortuna rerum -Le kangourou qui a la langue dans la poche de son slip -Elucubrations spiritueuses -Expérience -Chez Bonnibar Lu(e) et approuvé(e) Mouchards | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Créer un blog - Blog2B News Signaler un Abus
Partenaires: Emoticones MSN - Forum Informatique - Forum Sciences - Guide d'Hawaï - Virus MSN