| "0", zone de cons damnés |
AnachronismeCa fait plusieurs nuits de suite que je me réveille en grimaçant pour éviter de gueuler comme une femme qui accouche. Je rejette la couette d’un coup et me lève plus vite que si la fanfare municipale me jouait ses merdes à bout portant. J’ai des crampes. Des crampes phénoménales dans le pied. Les yeux fermés, debout dans le noir, j’attends que ça passe. Et, quand je juge que l’orage est derrière, je retourne timidement au lit, histoire de pas brusquer la douleur, susceptible de repartir de plus bel. Ca marche une fois sur deux. Alors, quand c’est l’échec, je me redresse tout de go, en pleurnichant un peu, comme pour apitoyer l’entité Souffrance, cette saleté de chiennasse que j’insulte dès qu’elle a tourné les talons (oui, bon… On fait ce qu’on peut…). Après plusieurs jours de sommeil haché, de valises format familial sous les yeux, de retards moins tolérables que ceux auxquels a fini par s’habituer la boîte, j’ai résolu de jeter mes bottes. Ouais, j’ai usé le talon de telle sorte que mon pied n’est plus vraiment à l’aise dedans. Pourtant, entre la résolution et l’action, y a comme un gouffre infranchissable, même pour un kangourou médaillé d’or à Sydney. Et comme je viens de perdre mes ailes, je suis dans l’incapacité technique de le survoler. J’ai toujours eu du mal à jeter mes grolles. Les mecs, ça m’a jamais posé de problème : un mec c’est con et ça sert à rien. Mais des chaussures… Ca fait bobo dans mon cœur. C’est pas du matérialisme : j’ai déjà jeté de l’argent par les fenêtres (ok, c’était des pièces de 2 cents mais c’était de l’argent quand même, merde !). Nan, je crois que c’est de l’amour. Ouais, j’aime mes pompes. A la limite, je les enterrerais. Je ferais une cérémonie où j’inviterais des gens à un jus-de-chaussettes-d’honneur avec des petits fours en forme d’orteils. Je prendrais même le temps de faire une compilation avec tous les titres sur lesquels elles se seraient consumées à petit feu. Résultat : je les ai toujours aux pieds. Même si elles sont défoncées et qu’elles me font marcher comme une khâgneuse. Je peux pas m’en séparer. Je ne suis pas prête. Remarquez, hier, j’ai repéré une jolie paire qui reprendrait dignement la succession. Me reste plus qu’à récupérer les pièces de 2 cents que j’ai semé ici et là et dès que j’ai le pécule, bah, je fous mes reliques à la poubelle. Après tout, c’est qu’une paire de godasses, nan ? 04:18 - 20/11/2007 - commenter ce billet
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