| "0", zone de cons damnés |
Le chasseur-cueilleur contre une bande d'enfoirés
L’hypocrisie du monde bien pourri dans lequel nous vivons prêterait bien à rire si ses conséquences n’étaient pas si dramatiques. Aux abords des chutes du lac Victoria, y a une bande d’enfoirés qui a prévu de construire un complexe pour touristes. Ce complexe comprendrait 3 hôtels sous contrôle étranger, un complexe de golf, une marina et 450 chalets. Le projet est estimé à 260 millions de dollars. Outre le fait que l’O.N.U. projette, de facto, de retirer le site du patrimoine mondial, la faune est clairement menacée. C’est un endroit stratégique pour les éléphants qui s’y reproduisent bon train depuis quelques temps. Et vous savez ce qu’avancent comme argument les chefs de projet ? Que l’équilibre biologique de la flore est menacé par les pachydermes… Qu’en gros, ils vont rendre service aux plantes, aux arbres et tutti quanti… Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde ! De un, si l’équilibre biologique de la flore est effectivement dans la merde, bah, c’est la loi de la nature et les éléphants, eux, ne vont pas attendre de crever sur place pour aller chercher à bouffer ailleurs… Sont moins cons que les hommes qui regardent leur environnement partir en live sans sourciller, tout ça parce que dans le frigo y a toujours de la bière et que Foucault n’est pas encore en retraite (Jean-Pierre, hein, pas Michel… Michel il est mort. Vous saviez pas ? Toutes mes condoléances…). De deux, ça les emmerde pas, les investisseurs, qu’aux abords des chutes, il y ait des tribus qu’on dégage sans sommation. Ouais parce que ça va pas trop le faire, d’avoir une bande de négros h24, dans un cadre 5 étoiles pour bourgeois. Le temps d’un spectacle, encore, ouais, c’est folklo ! Mais tout le temps, c’est pas la peine… Ca va défigurer le paysage, vous comprenez ? Y avait cet homme, appartenant à la tribu des chasseurs-cueilleurs, qui disait qu’on l’avait viré de la terre de ses ancêtres pour le foutre sur un bout de terrain auquel il était totalement étranger. Il se comparait à une tige d’herbe déracinée qui crevait parce que ses racines crevaient. Oh ! Il avait quand même son confort… Et l’état lui filait de quoi vivre. Mais il ne voulait ni de l’endroit, ni de l’argent. Il expliquait qu’il voulait pouvoir rendre hommages aux siens, là où ils étaient, qu’il voulait se lever tous les matins en quête de nourriture pour sa famille. C’était ça, pour lui, être un homme. Qui oserait lui donner tort ? Et de quel droit lui donner tort, d’abord ? Comment ne pas porter, l’espace d’un instant, toute la honte qui revenait aux coupables ? Parce qu’une fois qu’on sait, on est toujours un peu mouillé. Ce n’est pas agréable mais ça ne dure jamais. Le vent tiède de l’oubli souffle en toute saison… 17:05 - 15/12/2007 - commenter ce billet
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