"0", zone de cons damnés

36 15 ma vie (ou le post le plus court de tous les temps)

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Je déménage.

12:36 - 6/05/2008 - commentaires {3} - commenter ce billet

M.-J. et moi

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Assise inconfortablement sur une chaise dont le siège tanguait au gré de ses mouvements, elle regardait devant elle, mais elle ne voyait rien. La douleur l’aveuglait. Oh, elle ne souffrait pas dans sa chair. D’ailleurs, elle ne la sentait pas, cette chair criminelle. Elle se la représentait vaguement, dans son esprit fatigué, au travers des forfaits qu’elle avait commis. Il y avait, ça et là, sur la table, les débris d’un verre que j’avais cassé dans un accès de rage. Quelque part, dans la nuit. Une occasion à saisir pour se sentir exister. Alors, tranquillement, elle se mutilait l’avant-bras gauche, comme l’on se pince pour s’assurer que l’on ne rêve pas. Je regardais le sang jaillir dans le sillon de sa peau arrachée et, alors qu’il coulait, elle revenait à la vie. Oui, elle était bel et bien là. Sujet responsable de ses actes. Ankylosé par eux. Non, elle ne voulait pas mourir. Non. Il y avait même quelque chose de masochiste à ouvrir ainsi les yeux sur la nature de ses crimes, à contempler la souffrance qu’ils généraient, à rester là, malgré tout.

Nous devions faire avec, désormais.

15:00 - 27/03/2008 - commentaires {1} - commenter ce billet

Ma trentaine, je t'aime! Ne nous marions pas, pour le meilleur, jusqu'à ce que la quarantaine nous sépare.

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Ca y est. Je suis dans la trentaine. Voilà. C’est amorcé. Mais non, je ne vous ai pas menti sur mon âge. Mais oui, bande de cons, j’ai toujours 27 ans. Mais en fait, en réalité, je rentre dans ma trentaine. C’est arrivé hier. Je l’ai senti très fort et j’ai eu envie de hurler comme si je prenais mon pied avec Dieu le Père ! Non, plutôt comme si je prenais mon pied avec Le Père, le Fils et le Saint-Esprit. D’ailleurs, j’ai hurlé. Mais pas aussi fort que j’aurais voulu. J’avais encore une rognure d’ongle d’orteil dans la vingtaine. Bref, tout m’était prétexte à hurler. Une chanson me plaisait ? Fallait se boucher les oreilles mes cons ! C’est trop rock’n roll d’être dans la trentaine. C’est le pied intergalactique. J’ai envie de courir, de sauter, de dire merde à tout le monde ! En fait, c’est ça le truc : j’évalue à la baisse le regard des autres tout en poussant la morale,- cette grande fouteuse de merde-, dans les orties. En somme, et pour résumer, il y a fort à parier que ces prochaines années soient les plus scrapetteuses, les plus folichonnes, les plus mieux quoi, que j’aie jamais connues . Je me disais déjà que pendant la trentaine on touchait à une espèce de climax (c’est un mot anglais que tu connais sûrement, toi ; en revanche, toi là bas, au fond, j’ai des doutes… Bah tant pis pour ta gueule, pauvre con) dans la beauté physique (je précise, pour tous ces demeurés qui croient en une beauté intérieure ce qui est très con pour des raisons précises mais écoeurantes, alors, je n’en dirai rien, d’autant que ce n’est pas le sujet). Maintenant, je sens que ce n’est pas le fruit du hasard.

Ce qui m’inquiète, c’est le " après ". Parce que, fatalement, après, ça doit puer la merde. Comment on fait ? Si encore ça durait 20 ans, la trentaine, au sortir, on aurait Alzeihmer pour une transition en douceur. Mais entre la trentaine et la cinquantaine, y a la quarantaine. Quelqu’un connaît le taux de suicide des quarantenaires en France ? Bah bougez-vous le f.! D'avance, merci.

12:37 - 14/03/2008 - commentaires {3} - commenter ce billet

Youhou...

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Ouais bah comme vous pouvez le constater, j’ai rien à écrire. Parce qu’en ce moment, ma vie, c’est un chantier. Nan, pas un chantier. Parce qu’un chantier, ça fait moche et triste. Disons plutôt qu’on garde le côté bordélique mais qu’on l’intègre dans une espèce de démarche existentielle. Vous ne comprenez pas ? Ah c’est con parce que j’ai vraiment pas envie d’expliquer. Alors on fait comment ? Je vous fais un dessin ? Ok. Ok, je vais essayer de trouver la motivation et le temps. Mais je ne fais plus de promesse. C’est fini ce temps-là.

13:20 - 27/02/2008 - commentaires {3} - commenter ce billet

La débâcle de Gros Doigts

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Gros Doigts a déboulé dans sa vieille camionnette Volkswagen. Il est entré dans mon bureau, m’a fait 4 bises et m’a remis ses contrats. Jusque là, tout allait bien. Mais il a eu la très mauvaise idée de m’adresser des remontrances quant à la façon dont j’organisais son planning. Il m’avait saoulée plusieurs fois à m’expliquer, crayon en main, la « boucle » idéale que devait suivre sa tournée quotidienne. J’avais opiné du chef sans rien écouter, persuadée qu’il épuiserait rapidement les ressources déjà pauvres de sa pédagogie de comptoir. Voilà qu’il s’apprêtait à remettre ça de façon plus virulente. Ce matin là, fallait vraiment pas me prendre la tête. J’étais sortie la veille, j’avais une heure de retard au boulot, j’avais mal partout. Alors, c’est tout naturellement que j’ai recadré le débat. Regard méprisant, sourire narquois, ton agacé, bref, la panoplie complète de la garce en action. Je l’assassinais. Dans ses yeux ronds, je voyais monter la colère. Alors, forcément, j’en rajoutais : il ne faut jamais laisser à l’autre le moyen de reconquérir le terrain qu’il vient de perdre. Après la colère, dans ces mêmes yeux ronds, je lisais à présent de la détresse. Et je devinais qu’il cherchait le moyen de me répondre sans me heurter. Je lui offris donc un instant de silence, puisqu’il était vaincu, et guettai la façon dont il allait s’en sortir. « Je sais bien que… », « Je comprends … », « c’est normal ... » : voilà les formules à l’aide desquelles il enrobait ses flèches molles. Je n’étais définitivement pas disposée à l’écouter. Je soufflais de façon outrageuse, je vaquais à mes occupations sous son nez, je le rendais dingue. A 13h, je me levai, alors qu’il me parlait encore, et fis mine de quitter le bureau. En réalité, je le mettais dehors. Je le vis repartir dans sa camionnette blanche, et ne pus m’empêcher de penser qu’il battrait sa femme le soir même.

21:51 - 31/01/2008 - commentaires {13} - commenter ce billet

Concert pour pot de chambre

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J’étais assez emballée par l’idée. Cela faisait longtemps, trop longtemps que je n’étais pas allée au théâtre. En particulier dans CE théâtre, où j’avais glané, à l’adolescence, quelques souvenirs évanescents qu’il me tardait de raviver.

Avec l’impatience et la fébrilité des premiers rendez-vous, je me mets donc en route. Dans la douceur du soir, le cœur d’un clocher me renseigne sur l’heure. La perspective d’être à l’avance me fait sourire de toutes mes dents.

Arrivée à proximité du bâtiment, je ralentis encore la cadence, gavant mes poumons de l’air étrange et précieux que dégagent des puissances invisibles. Dans le hall, la foule m’impressionne. Il doit y avoir un autre spectacle en simultané. Impossible que la musique de chambre attire tant de monde.  Je consulte mon billet et,- ô misère-, je constate qu’il débute une demi-heure plus tôt que mes prévisions. Je suis donc, une fois encore, en retard. J’avance à grandes enjambées vers la salle (je ne peux décemment pas courir dans un théâtre). Dans le couloir de cette marche athlétique, je rencontre une placeuse qui me conseille vivement de prendre l’escalier pour atteindre les balcons tant les places commencent à manquer. Surprise par l’invraisemblance de l’information, je monte les marches deux à deux (nécessité fait loi), légèrement paniquée à l’idée de devoir trouver un siège dans l’obscurité. Les balcons du premier sont tous occupés. Ceux du second aussi. Je peste intérieurement et me décide à demeurer debout, accrochée à une balustrade, feignant de me satisfaire de l’argument suivant lequel j’aurai, au moins, une vue imprenable sur la scène. L’appréhension  des jambes engourdies, je tente de m’en défaire. Je ne serai  pas la seule à devoir en pâtir, visiblement, car une cohue générale retarde la prestation de l’octet. Depuis mon poste, je remarque que les trois premiers rangs du parterre sont désespérément vides et alors que j’insulte celles et ceux qui les ont réservés sans doute pour m’emmerder, une employée du théâtre vient m’informer qu’ils sont finalement à la disposition du public. Sans demander mon reste, je descends à toute vitesse (il n’est plus temps de faire de chichi) et me rue vers les fauteuils que l’on m’a vaguement indiqués, avec des airs empruntés à la Haute, genre " oups, faut toujours que je me fasse remarquer…Pourtant j’y mets vraiment du mien pour passer inaperçue… ", persuadée que je suis que la société s’imagine que ma place est réservée et que je suis une star, en quelque sorte.
Les musiciens s’installent enfin. Les lumières s’éteignent à l’exception des projos qui inondent la scène d’une lumière savamment dosée. Je m’enfonce dans mon siège : le spectacle peu enfin commencer. Passées quelques notes, mes yeux s’arrêtent sur la clarinettiste : Dieu qu’elle est moche ! Je ne m’en remettrai pas. Et la voir s’agiter ainsi derrière son instrument me donne des sueurs froides. Si, encore, elle ne remuait pas autant, je suis persuadée que j’aurais fini par lui trouver quelque grâce mais là, non. Mission impossible. Je me décide donc à détacher mon regard de cette monstruosité métronomique parfaitement ridicule afin qu’elle ne gâchât pas tout mon plaisir. Mais j’ai la mauvaise idée de le poser sur l’un des deux hautboïstes, rivalisant de laideur avec sa consœur. Il semble dépourvu de lèvres et ce même quand sa bouche quitte l’instrument. Il a de grosses lunettes, ce qui, en soit, n’est pas vilain, mais il s’emploie à les remonter en grimaçant de telle sorte qu’il retrousse le nez tout en ayant les narines épatées. Imaginez l’engin… Non, n’imaginez pas : prenez un miroir (même vous, Philo) et essayez-vous à l’exercice. Cela vous donnera un avant-goût de ce qui mes rétines ont vomi. Vous comprendrez aisément que, dans ces conditions, il me faut quitter dare-dare le terrain glissant où mes yeux ont fui. Aussi, je les amarre à l’autre hautboïste. Cela n’est pas une bonne idée… Il souffle si fort dans son instrument qu’il est rouge écrevisse. Les veines de son cou et celles de son front deviennent tellement saillantes que je fais le décompte, persuadée qu’à " zéro ", elles exploseront, couvrant ses quelques cheveux blancs d’un sang plus ou moins liquide, pour lui donner un look totalement déjanté (ce qui ne lui servira plus à grand ‘chose, étant données les circonstances). Vite ! Fuir les musiciens ! ! Vite ! ! ! Regarder mes pieds, mes mains, n’importe quoi mais pas eux ! Pourquoi on ne les cache plus, comme dans le temps ? Je tente de me concentrer sur la musique mais mon esprit est pris d’assaut par les  faciès abjectes que je viens de quitter. Dans l’espoir d’atténuer un peu la cruauté du portrait que je viens d’en faire, je prends le partie de les détailler en commençant par les chaussures. Je compte remonter jusqu’au visage avec cette  lenteur rassurante et miséricordieuse au secours de laquelle on cherche à nier les évidences. Sauf qu’arrivée au genou, somme toute banal, de l’un des membres de l’octet, ma pupille agrippe le cuivre d’un cor qui la fait valdinguer un bon moment. Cependant, je trouve le voyage moins nauséeux que les précédents et je décide de ne plus le quitter des yeux. C’était plutôt bien vu jusqu’à ce qu’une main ne le retourne pour en faire sortir la production salivaire qui s’y est accumulée. Une coulée répugnante s’offre à la vue de tous (pourquoi ne suis-je pas restée perchée à ma balustrade ??) s’interrompant parfois à cause des secousses occasionnées par le « videur-de-bave ». A ce moment précis, je me demande où sont les toilettes et si je dispose d’assez de temps pour m’y rendre sans réchauffer les pieds de spectateurs que je croiserai ou dérangerai sur ma route. Toutefois, je demeure assise dans mon fauteuil les oreilles closes et les yeux bouchés. Ou quelque chose comme ça. L’entracte passe et je reste là.

Après la séance dégoulinante débarquent, en masse, les morveux de la chorale.  Je fais le lien direct avec le peuple qui commence à couiner tout autour de moi : je suis, en quelque sorte, l’otage d’une « Ecole des Fans » géante. Les mioches  se débrouillent pas trop mal, faut dire, et grâce à la bouille d’une petite fille très impliquée par sa mission sur scène, grâce à ses maladresses et à sa craquinetterie, je finis par oublier tout à fait les monstres qui s’agitent à quelques mètres de là. Mais les enfants repartent et il me faut trouver un nouvel asile. La plante verte, près du pupitre, fera l’affaire. Je compte ses feuilles. Le spectacle touche à sa fin. Un rappel. Un second. J’applaudis sans trop claquer des mains, espérant atténuer l’enthousiasme général qui pourrait en provoquer un troisième. Les lumières se rallument, je sors précipitamment. Je ne suis pas déçue. Je suis abrutie. La fraîcheur de la nuit me fait du bien. Je me promets de retirer mes lentilles, la prochaine fois.

21:51 - 22/01/2008 - commentaires {5} - commenter ce billet

Arachnomaniaque

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Y a toujours eu des araignées dans ma vie.

 

Ca a commencé comme tout le monde, en primaire, avec « araignée matin: araignée chagrin » blablaprout. Ca a continué pareil que chez tout le monde: on regarde la télé et, derrière l'écran, dans l'ombre portée, une trace brune évolue lestement sur la tapisserie. Un coup sur l'interrupteur, un hurlement, un coup de semelle et,- paf !-, araignée crevée aplatie. Mais après, j'ai bifurqué…

Un jour, dans les W.-C. de chez mes parents, en plein pipi, j'ai dessiné une araignée sur ma cuisse droite. Je m'étais dit que je devais faire en sorte qu'elle ne disparaisse jamais de là si je voulais qu'un certain Diabolo tombe follement amoureux de moi. Alors, tous les jours, je redessinais quelques pattes, un bout de corps, que ma toilette quotidienne (la chienne!) s'employait à effacer. Je ne frottais jamais fort par là.

Et puis je suis tombée amoureuse de quelqu'un d'autre.

Ensuite, il a eu ce type avec lequel je sortais, chanteur dans un groupe dont le logo était une araignée.

Puis il y a eu Titine. Rhan, la simple évocation de son prénom me bouleverse. J’ai le cœur qui tangue jusqu’au bord des yeux et les boyaux qui dansent une Lambada sans fouet. [Quelqu’un aurait un kleenex ? Non ? Bon, tant pis… Heureusement que j’ai des manches longues, bande de cons !] Titine, c'était une araignée domestique que Dindon (l’une de mes sœurs) et moi avions prise sous notre aile. Titine vivait au second étage de la maison parentale. Tantôt dans ma chambre, tantôt dans celle de Dindon. Nous ne nous partagions pas la garde. C'était Titine qui décidait. Jusqu'au jour où Dindon a écrasé Titine par inadvertance. Titine était une dure à cuire. Avec une patte en moins, elle continuait à vivre comme si de rien n'était. Mais elle ne vivait plus que dans ma chambre. Jusqu'au jour où je l'ai écrasée. Là, elle s'est décidée à mourir. Du coup, j'ai arrêté de croire en Dieu.

Dernièrement, dans une galerie d'art, j'ai vu une tarentule en boîte. Et depuis, je me dis que je ne peux pas ne pas l'avoir. Alors, pour compenser le manque (le gérant de la galerie est en vacances, thôo!), je photographie les araignées dans les jardins. Je regarde les reportages qui traitent du sujet, et je me laisse pousser les poils. Demain, je mange ma première mouche. Vous en faites pas : je vous raconterai tout dans le détail.

01:25 - 22/11/2007 - commentaires {5} - commenter ce billet

Anachronisme

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Ca fait plusieurs nuits de suite que je me réveille en grimaçant pour éviter  de gueuler comme une femme qui accouche. Je rejette la couette d’un coup et me lève plus vite que si la fanfare municipale me jouait ses merdes à bout portant. J’ai des crampes. Des crampes phénoménales dans le pied. Les yeux fermés, debout dans le noir, j’attends que ça passe. Et, quand je juge que l’orage est derrière, je retourne timidement au lit, histoire de pas brusquer la douleur, susceptible de repartir de plus bel. Ca marche une fois sur deux. Alors, quand c’est l’échec, je me redresse tout de go, en pleurnichant un peu, comme pour apitoyer l’entité Souffrance, cette saleté de chiennasse que j’insulte dès qu’elle a tourné les talons (oui, bon… On fait ce qu’on peut…).

Après plusieurs jours de sommeil haché, de valises format familial sous les yeux, de retards moins tolérables que ceux auxquels a fini par s’habituer la boîte, j’ai résolu de jeter mes bottes. Ouais, j’ai usé le talon de telle sorte que mon pied n’est plus vraiment à l’aise dedans. Pourtant, entre la résolution et l’action, y a comme un gouffre infranchissable, même pour un kangourou médaillé d’or à Sydney. Et comme je viens de perdre mes ailes, je suis dans l’incapacité technique de le survoler. J’ai toujours eu du mal à jeter mes grolles. Les mecs, ça m’a jamais posé de problème : un mec c’est con et ça sert à rien.  Mais des chaussures… Ca fait bobo dans mon cœur. C’est pas du matérialisme : j’ai déjà jeté de l’argent par les fenêtres (ok, c’était des pièces de 2 cents mais c’était de l’argent quand même, merde !). Nan, je crois que c’est de l’amour. Ouais, j’aime mes pompes. A la limite, je les enterrerais. Je ferais une cérémonie où j’inviterais des gens à un jus-de-chaussettes-d’honneur avec des petits fours en forme d’orteils. Je prendrais même le temps de faire une compilation avec tous les titres sur lesquels elles se seraient consumées à petit feu.

Résultat : je les ai toujours aux pieds. Même si elles sont défoncées et qu’elles me font marcher comme une khâgneuse. Je peux pas m’en séparer. Je ne suis pas prête.

Remarquez, hier, j’ai repéré une jolie paire qui reprendrait dignement la succession. Me reste plus qu’à récupérer les pièces de 2 cents que j’ai semé ici et là et dès que j’ai le pécule, bah, je  fous mes reliques à la poubelle. Après tout, c’est qu’une paire de godasses, nan ?

04:18 - 20/11/2007 - commentaires {2} - commenter ce billet

Grand corps malade

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Rencard dans un bar. J’arrive, je pousse la porte et là : Cour des Miracles. « Houlà ! »,  que je me fais en moi-même. Bah ouais, je m’étais un peu arrangée, esthétiquement parlant, et du coup, je faisais carrément chien dans un jeu de quilles, voyez le genre ? Bref, je tente de me frayer un passage en apnée jusqu’à la table où sont entassées mes connaissances. Sauf qu’il y a tellement de gens sur la route que je suis obligée de reprendre ma respiration à mi-parcours. Et le souci, c’est que je la reprends au dessus d’une tignasse à dreadlocks et qu’elle pue la crasse millésimée. J’ai bien cru m’évanouir. Pourtant, m’en faut plus pour me démonter. Arrivée à bon port (et c’est peu dire : y avait tellement de bière sur le sol que je me suis demandée s’il n’eût pas été plus judicieux de chausser des bottes caoutchoutées  plutôt que des bottes en cuir à 200 euros). Assise, tant bien que mal sur une espèce de siège d’amphithéâtre à la stabilité hasardeuse, je fais une courte révolution oculaire pour en revenir à ma première impression : cour des Miracles… Du coup, dans ma tête, y a ça qui passe : « une p’tite bourgeoise bêcheuse, maquillée comme un carré d’as, a débarquée dans mon saloon »… Alors je me dis que si je veux trouver le bouton stop, j’ai plus qu’à le chercher au fond d’une pinte. La commande est lancée, me voilà rassurée. Je vais pouvoir me fondre tranquillou dans le décor.

Mes amis ont la bougeotte, très bien, je suis. Autre bar. Concert. Youpi ! C’est la fête ! Et les verres de s’enchaîner tout naturellement…

Ecroulée sur mon matelas, à 2h du mat’, fallait bien se rendre à l’évidence : je ne savais plus boire. J’avais quoi dans le sang ?? 1.5 G ? J’avais pris quoi ? 3 bières, 2 vodkas ? Un ? Deux pétards ? Et, « tout » ça, en 3 ou 4h ! Certes, les mélanges, ce n’est pas très bon, mais cela suffisait-il à expliquer pourquoi j’étais là, à gésir comme une ado qui prend sa première cuite ?  Moi, dont la réputation en la matière m’avait valu le respect d’une ribambelle de mâles, mâles eux-mêmes admirés par une ribambelle de « tapettes » pour leurs aptitudes à la consommation (c’est vraiment trop con un mec…).  J’allais quand même pas accuser mon foi de mal faire son boulot… Je suis pas comme ça, nan.  J’accuse pas sans preuve. Et puis, c’était certainement lié à une longue abstinence. Et puis j’étais à jeun, merde !

Enfin, je me rassurai comme je pouvais quand à la raison du pourquoi. Une fois ce problème grossièrement torché, fallait trouver un moyen d’y remédier. Parce que, l’essentiel, c’était de ne pas lâcher prise. Ne pas dormir. Ne pas abandonner mes convives. Ne pas me taper la honte, quoi ! Alors, j’ai essayé de lutter avec mon grand corps malade mais il ne répondait presque plus. La force, qui d’ordinaire me fait déjà cruellement défaut, avait pris la poudre d’escampette sans me laisser un petit mot d’adieu. J’ai bien tenté de me relever, avant de constater que c’était une très très très mauvaise idée à moins de profiter de la situation pour repeindre la chambre. Je l’entendais à l’intérieur de ma boîte crânienne, la voix de ma conscience, qui me disait : « ça va allait, encore 5 minutes et tu rejoins tes invités au salon » [oui, ma conscience est nulle en orthographe... Mais je me bats hein, je me bats]. Et puis le temps prenait des proportions inquiétantes. Alors, comme si mon propre constat ne suffisait pas, j’eus droit à la visite des gens qui avaient fini par remarquer qu’il manquait quelqu’un et que, -oh surprise-, ce quelqu’un c’était l’hôtesse d’accueil…

« _ Ça va ? »… Oui, bien sûr que ça va ! Je pète la forme ! Mais, à l’horizontale, t’vois, c’est plus fun. Et puis, n’oublie pas de demander au poulpe d’arrêter d’emmerder mes marcassins ? Ils vont pondre d’ici un jour ou deux, je voudrais qu’ils puissent mener leur grossesse à terme pour une fois. J’en ai marre d’enterrer des cadavres. Mes tiroirs en sont pleins. T’as pas idée comme ça pu un avorton de marcassin qui s’est étouffé avec sa trompe. Et toi, ça va ??

Nan mais franchement… C’est vraiment une question à la con, et pourtant, on peut pas s’empêcher d’y répondre par une réponse tout aussi conne.

« _ Oui, ça va, j’arrive »…

Et puis, comme je n’arrive pas, y en a d’autres qui se pointent et qui reposent la même question. A laquelle je réponds pareil. Toujours la même scène, sauf que tu changes la gueule du charitable visiteur.

Et puis, à un moment, j’entends plus les questions. Parce que je dors. Et là, tu vois, même si c’est quand même pas le paradis, ça y ressemble diablement.

20:49 - 6/11/2007 - commentaires {8} - commenter ce billet

Confidence sur chaise en osier (c’est pas le remake d’Emmanuelle, bande d’obsédés)

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J’avais décidé de poster tous les jours, ce mois-ci. Un peu comme un défi, un peu comme une bonne résolution. Bah j’ai tenu 4 jours. Du coup, ça m’a énervée. M’en faut pas beaucoup non plus pour m’hérisser le poil, faut dire. Merde quoi ! C’était quand même pas sorcier ! D’autant que j’avais la matière et le temps. Mais nan…

Souvent, quand je me fixe un but précis avec des contraintes, je me dédouble.  Y a une partie de moi qui met tout en œuvre pour y arriver et une autre qui s’emploie à tout faire capoter. Parce que le fait de m’astreindre à œuvrer en un sens engendre le goût de la destruction de façon simultanée. C’est tantôt l’une qui gagne, tantôt l’autre. Tantôt les deux. Oui, c’est possible. Mais dans ce cas là, c’est plutôt moi qui y perds… Un exemple pour vous éclairer ce foutoir ? Allez, c’est parti mon kiki !

J’entreprends des études dans une branche qui me branche. Le but, à court terme, c’est d’être la meilleure, forcément (ouais, c’est comme ça que je fonctionne…alors c’est gamin, c’est con, c’est tout ce que vous voulez, moi, je m’en branle : c’est comme ça, un point c’est tout !), et, à long terme, c’est de décrocher le diplôme. Bah je vais être la meilleure le premier semestre et après, je lâche tout. Basta ! Seulement, -vous l’aurez deviné-, on ne construit rien comme ça. Héhé ! Je monte sur une marche et je la piétine jusqu’à ce qu’elle se désintègre.

Vous sentez pas obligé de faire un topo psychologique avec des yeux compatissants. Me ressortez pas vos classiques freudiens ni lacanistes. J’en chiale pas. Ca me ronge pas non plus. C’t’une confidence sur chaise en osier.

08:48 - 23/10/2007 - commentaires {4} - commenter ce billet

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