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36 15 ma vie (ou le post le plus court de tous les temps)Je déménage.12:36 - 6/05/2008 - commentaires {4} - commenter ce billetM.-J. et moiAssise inconfortablement sur une chaise dont le siège tanguait au gré de ses mouvements, elle regardait devant elle, mais elle ne voyait rien. La douleur l’aveuglait. Oh, elle ne souffrait pas dans sa chair. D’ailleurs, elle ne la sentait pas, cette chair criminelle. Elle se la représentait vaguement, dans son esprit fatigué, au travers des forfaits qu’elle avait commis. Il y avait, ça et là, sur la table, les débris d’un verre que j’avais cassé dans un accès de rage. Quelque part, dans la nuit. Une occasion à saisir pour se sentir exister. Alors, tranquillement, elle se mutilait l’avant-bras gauche, comme l’on se pince pour s’assurer que l’on ne rêve pas. Je regardais le sang jaillir dans le sillon de sa peau arrachée et, alors qu’il coulait, elle revenait à la vie. Oui, elle était bel et bien là. Sujet responsable de ses actes. Ankylosé par eux. Non, elle ne voulait pas mourir. Non. Il y avait même quelque chose de masochiste à ouvrir ainsi les yeux sur la nature de ses crimes, à contempler la souffrance qu’ils généraient, à rester là, malgré tout. Nous devions faire avec, désormais. 15:00 - 27/03/2008 - commentaires {1} - commenter ce billetMa trentaine, je t'aime! Ne nous marions pas, pour le meilleur, jusqu'à ce que la quarantaine nous sépare.Ca y est. Je suis dans la trentaine. Voilà. C’est amorcé. Mais non, je ne vous ai pas menti sur mon âge. Mais oui, bande de cons, j’ai toujours 27 ans. Mais en fait, en réalité, je rentre dans ma trentaine. C’est arrivé hier. Je l’ai senti très fort et j’ai eu envie de hurler comme si je prenais mon pied avec Dieu le Père ! Non, plutôt comme si je prenais mon pied avec Le Père, le Fils et le Saint-Esprit. D’ailleurs, j’ai hurlé. Mais pas aussi fort que j’aurais voulu. J’avais encore une rognure d’ongle d’orteil dans la vingtaine. Bref, tout m’était prétexte à hurler. Une chanson me plaisait ? Fallait se boucher les oreilles mes cons ! C’est trop rock’n roll d’être dans la trentaine. C’est le pied intergalactique. J’ai envie de courir, de sauter, de dire merde à tout le monde ! En fait, c’est ça le truc : j’évalue à la baisse le regard des autres tout en poussant la morale,- cette grande fouteuse de merde-, dans les orties. En somme, et pour résumer, il y a fort à parier que ces prochaines années soient les plus scrapetteuses, les plus folichonnes, les plus mieux quoi, que j’aie jamais connues . Je me disais déjà que pendant la trentaine on touchait à une espèce de climax (c’est un mot anglais que tu connais sûrement, toi ; en revanche, toi là bas, au fond, j’ai des doutes… Bah tant pis pour ta gueule, pauvre con) dans la beauté physique (je précise, pour tous ces demeurés qui croient en une beauté intérieure ce qui est très con pour des raisons précises mais écoeurantes, alors, je n’en dirai rien, d’autant que ce n’est pas le sujet). Maintenant, je sens que ce n’est pas le fruit du hasard. Ce qui m’inquiète, c’est le " après ". Parce que, fatalement, après, ça doit puer la merde. Comment on fait ? Si encore ça durait 20 ans, la trentaine, au sortir, on aurait Alzeihmer pour une transition en douceur. Mais entre la trentaine et la cinquantaine, y a la quarantaine. Quelqu’un connaît le taux de suicide des quarantenaires en France ? Bah bougez-vous le f.! D'avance, merci. 12:37 - 14/03/2008 - commentaires {4} - commenter ce billetYouhou...Ouais bah comme vous pouvez le constater, j’ai rien à écrire. Parce qu’en ce moment, ma vie, c’est un chantier. Nan, pas un chantier. Parce qu’un chantier, ça fait moche et triste. Disons plutôt qu’on garde le côté bordélique mais qu’on l’intègre dans une espèce de démarche existentielle. Vous ne comprenez pas ? Ah c’est con parce que j’ai vraiment pas envie d’expliquer. Alors on fait comment ? Je vous fais un dessin ? Ok. Ok, je vais essayer de trouver la motivation et le temps. Mais je ne fais plus de promesse. C’est fini ce temps-là. 13:20 - 27/02/2008 - commentaires {3} - commenter ce billetLa débâcle de Gros DoigtsGros Doigts a déboulé dans sa vieille camionnette Volkswagen. Il est entré dans mon bureau, m’a fait 4 bises et m’a remis ses contrats. Jusque là, tout allait bien. Mais il a eu la très mauvaise idée de m’adresser des remontrances quant à la façon dont j’organisais son planning. Il m’avait saoulée plusieurs fois à m’expliquer, crayon en main, la « boucle » idéale que devait suivre sa tournée quotidienne. J’avais opiné du chef sans rien écouter, persuadée qu’il épuiserait rapidement les ressources déjà pauvres de sa pédagogie de comptoir. Voilà qu’il s’apprêtait à remettre ça de façon plus virulente. Ce matin là, fallait vraiment pas me prendre la tête. J’étais sortie la veille, j’avais une heure de retard au boulot, j’avais mal partout. Alors, c’est tout naturellement que j’ai recadré le débat. Regard méprisant, sourire narquois, ton agacé, bref, la panoplie complète de la garce en action. Je l’assassinais. Dans ses yeux ronds, je voyais monter la colère. Alors, forcément, j’en rajoutais : il ne faut jamais laisser à l’autre le moyen de reconquérir le terrain qu’il vient de perdre. Après la colère, dans ces mêmes yeux ronds, je lisais à présent de la détresse. Et je devinais qu’il cherchait le moyen de me répondre sans me heurter. Je lui offris donc un instant de silence, puisqu’il était vaincu, et guettai la façon dont il allait s’en sortir. « Je sais bien que… », « Je comprends … », « c’est normal ... » : voilà les formules à l’aide desquelles il enrobait ses flèches molles. Je n’étais définitivement pas disposée à l’écouter. Je soufflais de façon outrageuse, je vaquais à mes occupations sous son nez, je le rendais dingue. A 13h, je me levai, alors qu’il me parlait encore, et fis mine de quitter le bureau. En réalité, je le mettais dehors. Je le vis repartir dans sa camionnette blanche, et ne pus m’empêcher de penser qu’il battrait sa femme le soir même. 21:51 - 31/01/2008 - commentaires {13} - commenter ce billetConcert pour pot de chambreJ’étais assez emballée par l’idée. Cela faisait longtemps, trop longtemps que je n’étais pas allée au théâtre. En particulier dans CE théâtre, où j’avais glané, à l’adolescence, quelques souvenirs évanescents qu’il me tardait de raviver. Avec l’impatience et la fébrilité des premiers rendez-vous, je me mets donc en route. Dans la douceur du soir, le cœur d’un clocher me renseigne sur l’heure. La perspective d’être à l’avance me fait sourire de toutes mes dents. Arrivée à proximité du bâtiment, je ralentis encore la
cadence, gavant mes poumons de l’air étrange et précieux que dégagent des
puissances invisibles. Dans le hall, la foule m’impressionne. Il doit y avoir
un autre spectacle en simultané. Impossible que la musique de chambre attire
tant de monde. Je consulte mon billet
et,- ô misère-, je constate qu’il débute une demi-heure plus tôt que mes
prévisions. Je suis donc, une fois encore, en retard. J’avance à grandes enjambées
vers la salle (je ne peux décemment pas courir dans un théâtre). Dans le
couloir de cette marche athlétique, je rencontre une placeuse qui me conseille
vivement de prendre l’escalier pour atteindre les balcons tant les places
commencent à manquer. Surprise par l’invraisemblance de l’information, je monte
les marches deux à deux (nécessité fait loi), légèrement paniquée à l’idée de
devoir trouver un siège dans l’obscurité. Les balcons du premier sont tous
occupés. Ceux du second aussi. Je peste intérieurement et me décide à demeurer
debout, accrochée à une balustrade, feignant de me satisfaire de l’argument
suivant lequel j’aurai, au moins, une vue imprenable sur la scène. L’appréhension
des jambes engourdies, je tente de m’en
défaire. Je ne serai pas la seule à
devoir en pâtir, visiblement, car une cohue générale retarde la prestation de
l’octet. Depuis mon poste, je remarque que les trois premiers rangs du parterre
sont désespérément vides et alors que j’insulte celles et ceux qui les ont
réservés sans doute pour m’emmerder, une employée du théâtre vient m’informer qu’ils sont
finalement à la disposition du public. Sans demander mon reste, je descends à
toute vitesse (il n’est plus temps de faire de chichi) et me rue vers les
fauteuils que l’on m’a vaguement indiqués, avec des airs empruntés à la Haute,
genre " oups, faut toujours que je me fasse remarquer…Pourtant j’y
mets vraiment du mien pour passer inaperçue… ", persuadée que je suis
que la société s’imagine que ma place est réservée et que je suis une star, en
quelque sorte. Après la séance dégoulinante débarquent, en masse, les morveux de la chorale. Je fais le lien direct avec le peuple qui commence à couiner tout autour de moi : je suis, en quelque sorte, l’otage d’une « Ecole des Fans » géante. Les mioches se débrouillent pas trop mal, faut dire, et grâce à la bouille d’une petite fille très impliquée par sa mission sur scène, grâce à ses maladresses et à sa craquinetterie, je finis par oublier tout à fait les monstres qui s’agitent à quelques mètres de là. Mais les enfants repartent et il me faut trouver un nouvel asile. La plante verte, près du pupitre, fera l’affaire. Je compte ses feuilles. Le spectacle touche à sa fin. Un rappel. Un second. J’applaudis sans trop claquer des mains, espérant atténuer l’enthousiasme général qui pourrait en provoquer un troisième. Les lumières se rallument, je sors précipitamment. Je ne suis pas déçue. Je suis abrutie. La fraîcheur de la nuit me fait du bien. Je me promets de retirer mes lentilles, la prochaine fois. 21:51 - 22/01/2008 - commentaires {5} - commenter ce billetJ - 3Vous avez aimé 2007? En 2008, je ne fais pas de promesse mais je file le P.Q.A bon branleur, salut. 23:27 - 19/01/2008 - commentaires {3} - commenter ce billetLa vérité sort de la bouche de Valérie?" Quand on est mûr, on tombe et on pourrit."20:42 - 17/12/2007 - commentaires {11} - commenter ce billetLe chasseur-cueilleur contre une bande d'enfoirés
L’hypocrisie du monde bien pourri dans lequel nous vivons prêterait bien à rire si ses conséquences n’étaient pas si dramatiques. Aux abords des chutes du lac Victoria, y a une bande d’enfoirés qui a prévu de construire un complexe pour touristes. Ce complexe comprendrait 3 hôtels sous contrôle étranger, un complexe de golf, une marina et 450 chalets. Le projet est estimé à 260 millions de dollars. Outre le fait que l’O.N.U. projette, de facto, de retirer le site du patrimoine mondial, la faune est clairement menacée. C’est un endroit stratégique pour les éléphants qui s’y reproduisent bon train depuis quelques temps. Et vous savez ce qu’avancent comme argument les chefs de projet ? Que l’équilibre biologique de la flore est menacé par les pachydermes… Qu’en gros, ils vont rendre service aux plantes, aux arbres et tutti quanti… Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde ! De un, si l’équilibre biologique de la flore est effectivement dans la merde, bah, c’est la loi de la nature et les éléphants, eux, ne vont pas attendre de crever sur place pour aller chercher à bouffer ailleurs… Sont moins cons que les hommes qui regardent leur environnement partir en live sans sourciller, tout ça parce que dans le frigo y a toujours de la bière et que Foucault n’est pas encore en retraite (Jean-Pierre, hein, pas Michel… Michel il est mort. Vous saviez pas ? Toutes mes condoléances…). De deux, ça les emmerde pas, les investisseurs, qu’aux abords des chutes, il y ait des tribus qu’on dégage sans sommation. Ouais parce que ça va pas trop le faire, d’avoir une bande de négros h24, dans un cadre 5 étoiles pour bourgeois. Le temps d’un spectacle, encore, ouais, c’est folklo ! Mais tout le temps, c’est pas la peine… Ca va défigurer le paysage, vous comprenez ? Y avait cet homme, appartenant à la tribu des chasseurs-cueilleurs, qui disait qu’on l’avait viré de la terre de ses ancêtres pour le foutre sur un bout de terrain auquel il était totalement étranger. Il se comparait à une tige d’herbe déracinée qui crevait parce que ses racines crevaient. Oh ! Il avait quand même son confort… Et l’état lui filait de quoi vivre. Mais il ne voulait ni de l’endroit, ni de l’argent. Il expliquait qu’il voulait pouvoir rendre hommages aux siens, là où ils étaient, qu’il voulait se lever tous les matins en quête de nourriture pour sa famille. C’était ça, pour lui, être un homme. Qui oserait lui donner tort ? Et de quel droit lui donner tort, d’abord ? Comment ne pas porter, l’espace d’un instant, toute la honte qui revenait aux coupables ? Parce qu’une fois qu’on sait, on est toujours un peu mouillé. Ce n’est pas agréable mais ça ne dure jamais. Le vent tiède de l’oubli souffle en toute saison… 17:05 - 15/12/2007 - commentaires {1} - commenter ce billetHungry For Your Touch04:57 - 23/11/2007 - commentaires {2} - commenter ce billet |
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