"0", zone de cons damnés

Le chasseur-cueilleur contre une bande d'enfoirés


L’hypocrisie du monde bien pourri dans lequel nous vivons prêterait bien à rire si ses conséquences n’étaient pas si dramatiques.

Aux abords des chutes du lac Victoria, y a une bande d’enfoirés qui a prévu de construire un complexe pour touristes. Ce complexe comprendrait 3 hôtels sous contrôle étranger, un complexe de golf, une marina et 450 chalets. Le projet est estimé à 260 millions de dollars.

Outre le fait que l’O.N.U. projette, de facto,  de retirer le site du patrimoine mondial, la faune est clairement menacée. C’est un endroit stratégique pour les éléphants qui s’y reproduisent bon train depuis quelques temps. Et vous savez ce qu’avancent comme argument les chefs de projet ? Que l’équilibre biologique de la flore est menacé par les pachydermes… Qu’en gros, ils vont rendre service aux plantes, aux arbres et tutti quanti… Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde ! De un, si l’équilibre biologique de la flore est effectivement dans la merde, bah, c’est la loi de la nature et les éléphants, eux, ne vont pas attendre de crever sur place pour aller chercher à bouffer ailleurs… Sont moins cons que les hommes qui regardent leur environnement partir en live sans sourciller, tout ça parce que dans le frigo y a toujours de la bière et que Foucault n’est pas encore en retraite (Jean-Pierre, hein, pas Michel… Michel il est mort. Vous saviez pas ? Toutes mes condoléances…). De deux, ça les emmerde pas, les investisseurs, qu’aux abords des chutes, il y ait des tribus qu’on dégage sans sommation. Ouais parce que ça va pas trop le faire, d’avoir une bande de négros h24, dans un cadre 5 étoiles pour bourgeois. Le temps d’un spectacle, encore, ouais, c’est folklo ! Mais tout le temps, c’est pas la peine… Ca va défigurer le paysage, vous comprenez ? 

Y avait cet homme, appartenant à la tribu des chasseurs-cueilleurs, qui disait qu’on l’avait viré de la terre de ses ancêtres pour le foutre sur un bout de terrain auquel il était totalement étranger. Il se comparait à une tige d’herbe déracinée qui crevait parce que ses racines crevaient. Oh ! Il avait quand même son confort… Et l’état lui filait de quoi vivre. Mais il ne voulait ni de l’endroit, ni de l’argent. Il expliquait qu’il voulait pouvoir rendre hommages aux siens, là où ils étaient, qu’il voulait se lever tous les matins en quête de nourriture pour sa famille. C’était ça, pour lui, être un homme. Qui oserait lui donner tort ? Et de quel droit lui donner tort, d’abord ? Comment ne pas porter, l’espace d’un instant, toute la honte qui revenait aux coupables ? Parce qu’une fois qu’on sait, on est toujours un peu mouillé. Ce n’est pas agréable mais ça ne dure jamais. Le vent tiède de l’oubli souffle en toute saison…

17:05 - 15/12/2007 - commentaires {1} - commenter ce billet

17h27 dans le métro

Il y a deux types de comportements que j’abhorrrrre chez mes semblables quand je prends le métro. Primo, celui qui consiste à stagner devant les portes au moment de descendre. Il me faut distinguer deux groupes parmi les adeptes : ceux qui s’apprêtent à entrer et ceux qui sortent. Ceux qui s’apprêtent à entrer dans le wagon n’attendent pas sur les côtés, non. Ils se foutent bien devant, histoire de me faire chier. Ceux qui sortent  font un pas dehors et s’arrêtent. Pourquoi ? Je sais pas. Mais ça stagne, là, devant moi. Moi qui essaie de sortir avant que le bip ne m’indique que le métro est sur le point de repartir. Alors, je bouscule sans vergogne en grommelant ceci : « P’tain, c’est pas possible d’être aussi con ! ».

Secundo, il y a le ralenti post escalator. Les gens prennent les escaliers automatiques et une fois en haut, une fois qu’ils ont rejoint un sol stable, ils ralentissent, comme s’ils oubliaient subitement que derrière eux, il y a du monde qui arrive. Comme s’ils étaient seuls sur terre. Longtemps, je me suis interrogée sur cet état de fait. Sont-ils hypnotisés par le mouvement ascendant ? Tant et si bien qu’il leur faille un temps d’adaptation une fois arrivés à bon port ?? Possible… mais alors, quelle lenteur dans la réaction ! Merde ! C’est quand même pas Space Mountain II ! Bref, je les bouscule sans vergogne en grommelant ceci : « P’tain, c’est pas possible d’être aussi con ! ».

Bref, avec quelques euros, je m’étonne au quotidien.

23:47 - 1/10/2007 - commentaires {10} - commenter ce billet

Superfly

A part le premier maillon , y a pas grand monde que je fréquente réellement, dans le reste de la chaîne "famille". Ces histoires de sang, blablabla, ça me tape sur le système. Or la mère de maman va mourir (à vue de gueule, je lui donne deux semaines mais bon... Un détail m'ennuie, elle est bronzée... Encore, elle aurait été parfaitement blanche, je n'aurais pas douté).Du coup,les mouches arrivent et je suis forcée de me farcir leur bzzz bzzz quand je viens saluer rapidos  maman, au chevet de sa mère.  Le cadavre m'indiffére et j'aimerais qu'il en soit de même pour ses odeurs... Le cancer de l'intestin, en phase terminale, ça craint du boudin. Et puis y avait surtout ce parfum de déchéance... Enfin, je le salue quand même, parce qu'il va disparaître sous peu et que même si c'est pas un acte courageux, c'est quand même la mort. Et ce n'est surtout pas la mienne.
Bref, il y a bizarrement un couple de mouches ès merde qui viennent presque tous les jours. Oh non, elles ne sont pas animées de mauvaises intentions, non... Elles simulent si bien, ces mouches. Faut dire que l'une d'elles est comédienne... Ca aide... Et l'autre bah euh... y a rien à dire dessus...Y a rien à faire dessous... Une tache, qui se donne des grands airs et qui ne ressemble à rien. Oui, vraiment, une tache. Et comme une tache sur fond dégueulasse, ça ne se voit pas des masses, on finit par l'oublier, là, sagement assise sur sa cellulite, la machoire inférieure pendante de niaiserie. L'autre mouche, la mouche mâle, en revanche, impossible de la zapper. Comment vous dire... ? Ah oui! Vous connaissez certainement cet acteur américain, héros d'innombrables films d'action? B.W., oui, c'est ça! Eh bien la mouche dont je vous parle est son sosie. Si si... Un vrai sosie d' 1.62m: c'est le modèle qui récupère en largeur ce qu'il perd en hauteur. Mais à part ça, trait pour trait, c'est Bruce... Le Bruce des castings ratés et des scènes coupées au montage. Mais laissons cela et observons l'insecte et ses battements d'ailes.
Je propose même de l'appeler directement "Superfly" car cet homme est tellement formidable que c'en est presque écoeurant. Vous rendez-vous compte? Il a une vie professionnelle (nous l'avons vue...) et privée (berk) très chargées et, malgré tout, il est là, presque tous les jours, aux côtés de celle qui lui a donné naissance. Et tout ça, sans jamais se plaindre, sans jamais cracher dans le dos des autres, en toute grandeur d'âme. L'est pas beau le héros ? Moi je craque littéralement... Si je ne craignais pas d'avoir des mongoliens à 6 pattes, j'en ferais bien mon 4h. Enfin, je devrais arrêter de rêver. Pour lui plaire, il me faudrait parler comme si j'avais un gateau chaud collé à perpétuité sur l'intérieur de ma joue, et ça, c'est trop ambitieux pour moi. Je connais mes limites. Je me résigne donc à le laisser suinter entre les jambons de sa rousse. Permettez que j'écrase une larme? Merci, z'êtes trop bons...
Un jour, Superfly m'a accusée à tort indirectement. Car Superfly aime les interférences. Ca doit être une question d'antenne cryptonique. Bon, dans ce type de situation, je suis pas trop détour moi. Hop, je l'appelle. Répondeur... Je laisse un message en demandant de rappeler. Il rappelle , je décroche et il me demande de le rappeler... Je pense à une parade  incestueuse. Ou à un bug bionique.  Je rappelle et je lui demande d'éclairer ma vessie. Il se perd en un discours vaseux proche du langage Van Damme. Je me demande s'il n'est pas sous le joug d'un insecticide tant son récit est incohérant. Nullement. Je supute alors que sa journée a été éprouvante et qu'il a du farcir sa dinde un peu trop longtemps. Je compatis donc et tente un phrasé plus linéaire, plus concis, plus proche du 7/8 ans. Pas de changement notoire dans sa façon de déchiffrer mes propos. Je baisse encore d'un cran et tape dans le 3/4 ans, avec force répétitions et décomposotions syllabiques.En vain. Il est en mode autiste, option mythomanie. Que faire?? Le choquer en lui apprenant que pour faire des enfants ce n'est pas le poing qu'il faut mettre? Arf, j'hésite, je fanfaronne, je tourne sur moi-même et je secoue les cheveux. Je décide de poser une dernière fois la question (sans intérêt pour vous, je puis vous l'assurer) de la façon la plus limpide qui soit (et sans doute la plus dépourvue de tact). Rien à faire. Il se dérobe, il se décape, il se pisse dessus. Je dois avouer que c'est une période que j'ai très mal vécue. Superfly avait terni sa superbe. Ses ailes s'étaient froissées. Un mythe s'était éteint, une mite était née. J'ai fait le deuil, depuis... Mais j'ai toujours un petit pincement au téton quand je pense à ce jour où je fus sa cryptonite.

10:11 - 13/08/2007 - commentaires {4} - commenter ce billet

Born to be wild

L’un de nos clients nous a trompés. Il est allé voir la concurrence. Je n’en fais pas une affaire personnelle. Ca m’est bien égal. Sauf qu’il s’est permis, ragaillardi par la présence de sa femme, de faire des remontrances sur la prestation de nos services. Là encore, d’habitude, je n’en ai rien à cirer. Mais l’adultère, combiné aux remontrances, j’ai trouvé qu’il ne manquait pas de culot, bien à l’abri derrière son combiné de téléphone. Me faire perdre des thunes et se payer le luxe de me passer un savon, c’était jouer effrontément avec mes nerfs. Aussi, ai-je pris ma voix de pesticide ambulante et, du ton le plus serein qui soit, lui ai-je coupé les vociférations en ces termes : « restons-en là. Cette conversation est désormais sans objet. Adieu». Suite à quoi, je lui ai poliment raccroché au nez. Cette réplique de Hal, dans « 2001 l’Odyssée de l’espace », m’a toujours fait un effet monstre et j’espérais bien qu’il en fut de même pour ce pourceau. Mais s’immisçait lentement, dans mon cerveau, l’idée suivant laquelle je venais de lui refourguer un pot de ma meilleure confiture. Et comme je m’emmerdais profondément dans le bureau que le gratteur avait déserté, j’avais du temps à tuer. Je décrétais donc  vengeance en scrutant l’horizon avec de petits yeux vicieux.

Après une revigorante révolution sur mon siège à roulettes, Steppenwolf en fond sonore, je me frottais les mains, le sourire en coin façon J.R. Ewing. Je n’en étais pas à mes premiers pas dans mon rôle de garce et je jubilais d’avance en constatant que des plans machiavéliques s’agençaient presque naturellement sous ma casquette. Je disposais de moult informations sur cet homme (adresse, portable, profession…), or,  l’une d’entre elles serait déterminante : il était marié.

Sachant qu’il ne serait pas rentré au domicile conjugal avant 21h, je contactai, l’après-midi même, son épouse,- en congé maternité (le hasard fait si bien les choses…)-, et demandai à parler à R***.  Etonnée, certainement, de ne pas reconnaître la voix de celle qui connaissait le prénom de  son Homme, de son Roudoudou, de son Tarzan, elle me somma de décliner mon identité, avec ce truc dans la voix des femmes qui se sentent menacées en terrain conquis. Loin de se douter qu’elle encourageait, par là même, ma perversité, elle réitéra sa question, plus sèche encore que la première fois. Je bredouillai à dessein une réponse vaseuse et raccrochai rapidement, en signe extérieur de pseudo effarement. Les femmes qui viennent de pondre sont en proie au doute. Elles passent la quasi-totalité de leur temps avec le marmot, elles puent le lait caillé et ne baise plus, fatalement. Et si la presse féminine se fait l’écho de leurs angoisses (« comment donner un second souffle à son couple après une naissance ? », « comment reconquérir son partenaire après une grossesse ?»), elle soulève le problème sans jamais y remédier. En bref, c’était la période idéale pour foutre la merde.

Je la devinais donc torturée, alors que je savourais l’amertume de mon café.

Plus tard dans la soirée, je composai à nouveau, sur le clavier de mon téléphone portable, les dix chiffres chéris, avec le même soin qu’un voleur prêt à vider un coffre-fort. C’est lui qui décrocha. J’avais prévu le coup… D’abord, l’interpeller en l’appelant par son prénom et très vite, sans même lui laisser le temps de prononcer un seul mot, le prier d’écouter ce que j’avais à dire (et ce dans le but qu’un long silence donne à Madame  une preuve tangible de la culpabilité de Monsieur) et qui tombait en une myriade d’incohérences dans l’oreille d’un homme, vraisemblablement au dessus de tout soupçon :

« _ R***, je sais parfaitement que je ne devrais pas appeler à ton domicile mais c’est devenu le seul moyen de te joindre. J’ai longtemps hésité avant de franchir le pas, mais il faut que tu essaies de te mettre à ma place : je ne tiens plus. Tu avais promis de me donner de tes nouvelles rapidement et voilà deux longues semaines que je m’use les sangs à me demander si tu m’as oubliée.

_ Pardon ?! Vous faites er…

_ Ecoute-moi jusqu’au bout et tu comprendras tout. Mais si tu m’interromps, je raccroche et tu n’auras plus à craindre que je fasse surface, un jour ou l’autre, dans ta vie. Je disparaitrai… à jamais.  Voilà… Sans même que tu t’en aperçoives, je t’observais déjà. Un jour, je me suis arrangée pour me mettre sur ta route et tu as mordu à l’hameçon. Nous avons échangé quelques banalités mais derrière elles, d’autres liens se tissaient, plus sinueux…

_ Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!

_ Ta femme est à côté ?

_ Oui, ma femme est là ! Et alors ?

_ Je suis navrée, je te rappellerai plus tard.

_ Mais qui…

_...Je t’aime ». Bip bip bip.

C’était presque trop facile. Il ne me restait plus qu’à faire sonner leur téléphone vers 3 ou 4h du matin, à raison de 5 ou 6 fois le mois, afin que ce qui aurait pu passer pour une plaisanterie de mauvais goût fassent naître de réels soupçons. L’acharnement finit toujours par payer.

23:44 - 27/07/2007 - commentaires {20} - commenter ce billet

"Où qu'c'est qu'j'ai mis mon flingue?"

Y a des jours comme ça où je me dis : " heureusement que le port d’arme est interdit en France ". Parce que, voyez-vous, aujourd’hui, j’aurais fait un carton plein. Et " PAN ! " dans la gueule de mon ex bailleur qui a osé retirer de ma caution les deux premières jours du mois de juillet pendant lesquels je faisais mon déménagement (m’en fiche, je me vengerai), " PAN ! " dans la gueule de la voisine du dessous qui m’énerve avec ses grands airs et ses petites contrariétés (y a de l’eau qui coule chez elle… Bon, elle vient de chez moi, cette fuite, mais c’est pas une raison !), " PAN ! " dans la gueule de mon banquier qui rejette un chèque de 1200 euros sous prétexte que mon compte n’est pas approvisionné (euh, 2000 euros, ça couvre en principe, non ?) et me fais payer les frais de cette putain de loi Murcef (certes, y en a pour apprécier…), " PAN ! " dans la gueule d’un passant parce que c’est gratuit et que ça mange pas de pain .

A par ça, tout va bien. Ah oui, j’oubliais : je n’ai pas fait d’état des lieux et j’ai une fuite dans la salle de bain . Je dois également payer les frais d’ouverture de compteur EDF/GDF que ces enfoirés d’anciens locataires,- j’ai nommé Sir Pustule et Mrs Pied-Oblique, ont gentiment coupé avant de prendre le large. Enfin, " prendre le large ", c’est quelque peu exagéré… Parce que figurez-vous que le jour de l’emménagement,- comme le proprio avait décidé d’être souffrant -, ils étaient là, à refuser catégoriquement de remettre les clefs en argumentant comme suit :

" _ Mettez-vous à notre place… Nous n’avons pas fait d’état des lieux de sortie…

_ Vous avez l’état des lieux d’entrée ?

_ …Non… Mais vous comprenez, vous remettre les clefs, c’est permettre une espèce de " squéttsss " [traduction :" squat " ; oui, Monsieur est maniéré… Il fréquente F. L., ce grand, très grand acteur à la lèvre toujours humide et au postillon flatteur]. Nous nous mettons hors la loi. C’est complètement surréaliste ! ".

Ce qu’il y avait de réellement surréaliste dans l’histoire, c’était leur aptitude à l’égoïsme le plus chevronné. Les comprendre ? ? Tout ce que j’étais à même de comprendre c’était mon envie de leur cracher dessus. Il y avait un camion garé en double file, avec, à l’intérieur, mes affaires. A proximité de ce camion, une dizaine de personnes mobilisées pour l’occasion. Et ces bobos de bas étage avaient le culot de me parler avec des trémolos dans la voix ? ?

Bref, à 23h, tout était rentré dans l’ordre. Heureusement qu’il y avait cette vue magnifique. Heureusement que je ne bossais pas le lendemain . Heureusement que j’avais bu une bière.

18:43 - 4/07/2007 - commentaires {7} - commenter ce billet

Le glaçon et l'iceberg

« Haleine de pucelle » est de retour en France.  Il m’aime bien parce que je n’en ai jamais rien à foutre de ce qu’il me raconte.

 «  _ Tu t’en fiches, toi », qu’il dit tout le temps.

 «  _ Complètement», que je réponds tout le temps.

Après, il s’étouffe dans son rire en prenant le regard des autres à témoins. Ca doit le rassurer de voir à quel point il m’indiffère. Ca légitime sa propre indifférence à l’égard de 99,9% des gens qui l’entourent. Ainsi préservons-nous la chaîne du froid d’éventuels chocs thermiques.

22:43 - 20/06/2007 - commentaires {0} - commenter ce billet

"Quand les gens vous prennent pour un monstre, il n'y a qu'une chose à faire : dépasser leurs attentes."

Quelque chose avait changé en cette nuit du 6 au 7 mai 2007. Dans la rue, rien de remarquable ou presque. Une carcasse de voiture, les restes d’une poubelle incendiée. L’illusion était presque parfaite. Mais en filigrane, se profilait un danger imminent. La France était scindée en deux groupes distincts : ceux qui avaient veillé et ceux qui avaient dormi sur leurs deux oreilles. Je marchais sur les trottoirs de cette France nouvelle, avec la nausée comme unique compagne. 

J’étais de ceux qui avaient veillé, de ceux qui avaient endeuillé leur fenêtre, de ceux qui avaient, sans trop de surprise, assistés aux premiers effets des résultats présidentiels.

Le lendemain, les informations avaient entamé leur collaboration avec le futur gouvernement : minimiser les « incidents », les normaliser. Etait-ce pour rassurer la France de la majorité ou narguer celle de l’opposition ? Les jours prochains devraient pouvoir nous donner des éléments de réponse. Toutefois, je vous invite à ne pas trop compter avec la télévision. Il suffit de voir combien elle joue le jeu de Sarkozy  en brossant de ce dernier un portrait haut en couleur (audacieux, intègre, efficace et vénérable, en somme) alors même qu'il se dort la pillule au large de Malte, dans des conditions d'aisance indécentes pour quelqu'un qui prétend prendre des vacances pour habiter la fonction de président d'un pays dont plus de 4.5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.

Je suis inquiète mais je ne suis pas désespérée. Je sais qu’il y a, en cette France que j’aime, assez de gens conscients de la menace engagée pour se manifester intelligemment, dans la logique des droits qui sont encore les leurs, et enrailler, ainsi, cette machine effrayante qui n’est pas le fruit de leur imagination délirante , comme on voudra le faire croire, mais qui résulte et de la lecture du programme du futur président, et de l’anticipation des ses conséquences logiques.

16:29 - 8/05/2007 - commentaires {2} - commenter ce billet

Le pain rassis

Boulangères, boulangers,

Vous allez goûter à mes vêpres.... Je m'insurge! Oui, je m'insurge. Contre quoi?? Ah mais vous manquez pas de culot mes salauds! C'est quoi ce pain tout rassis dans mon panier, mmh?? Comment ça vous n'êtes pas responsables de la façon dont je conserve mon pain? Non mais vous vous fouttez pas un peu de ma poire des fois? Je suis incapable de conserver du pain plus de 48h! Le pain, j'en mange tous les jours et à tous les repas alors venez pas prétendre que c'est parce que je l'ai oublié dans un coin qu'il est tout dur! Vous ne savez plus faire de pain qui dure, ne serait-ce que 48h! C'est une honte, oui, une honte! Et je vous regarde bien dans les yeux en disant ça! Et je crache sur mon écran aussi (OooOOh le joli dégoulini pixellisé...)! J'en ai marre de me casser les dents sur vos croûtes! J'en ai marre d'avoir des biscottes au réveil! J'en ai marre de payer autant pour nourrir ma poubelle! C'est pas normal!
Je sais que mon boulanger est une exception dans le genre. Une pièce de collection plutôt..."Monsieur l'Bigleux" que je l'appelle, car on dirait un cameléon: on ne sait jamlais où il regarde, d'autant que les deux yeux ne vont jamais dans la même direction. A 15h, il n'y a déjà plus rien. Plus de croissant, plus de baguette, rien que des bonbecs pour les enfants du coin qui rentrent de l'école.Le mec prévoit le coup tous les jours. Et il n'a même pas honte. Je rentre dans la boulangerie, je regarde l'étale vide, je le regarde lui (enfin, j'essaie) , je reregarde l'étale vide, je le reregarde (techniquement, je fixe un point entre les deux sourcils....parce que c'est moins fatigant que de suivre une mouche en plein vol) en descendant la mâchoire inférieure, en signe extérieur de traumatisme neuroleptique, mais il reste stoïque, idiot, sourire médiocre.

Vous me direz que je peux aller voir ailleurs. Je ne suis pas mariée avec l'Bigleux. Je peux donc le tromper impunément avec "Pot de peinture", la boulangère de l'autre côté de la rue. Je vous avouerai, à vous, que c'est déjà arrivé deux ou trois fois.
 Je me sentais pas très bien, j'avais un coup de blues, et l'Bigleux n'avait plus de cookie. Forcément, il était 15h30... Je l'ai mal supporté. Je m'en suis voulue de ne pas avoir de petit Médor ni de Rex à faire pisser sur la devanture, à ce moment là. Et alors que j'errais, en proie à mon chagrin redoublé par cette contrarieté obsédante, "pas de cookie", je sens, dans mon dos, le canon d'un pistolet. Une voix, derrière moi, articule :"Marche ou crève". Je me dis que le moment est mal choisi pour faire mon intéressante, pourtant, c'est toujours dans ces cas-là que je la fais. En plus, pas de cookie, c'est déjà une petite mort.  "T'auras l'air bien con si j'avance pas, Tête de noeud", que je le réponds. Pan!
[Héhé! Vous en faites donc pas! Si je vous raconte l'histoire, je peux pas être morte...Quoi que...]
"Ciel, je suis démasquée" s'exclame alors, en s'éloignant, la dite voix. Je suis curieuse alors, je me retourne et je vois une ficelle d'1.40 m, surmontée d'une rosette prisonnière d'un bas nylon couleur chair, s'enfuir à vive allure, sur ses papattes rachitiques. Craignant pour la vie des citadins qui croiseraient sa route (car on ne peut pas décemment faure confiance à un ruban armé), je pousse la porte d'une boutique pour demander à quelqu'un d'appeler la police. C'est alors que je tombe nez à nez avec un cookie. Halé à souhait, orné de ses grains de beauté-chocolat, il m'invitait à commettre sans attendre quelque peché capital. J'ai payé la maquerelle Pot de peinture, et je me suis sauvée avec mon butin.
Pour la suite, je m'autocensure:  je me suis déshabillée, je l'ai déshabillé, je lui ai léché les contours, mordilun peu, lui me penetrait la bouche avec l'assurance des grands fauves, Je le sentais fondre en moi, je l'entendais cèder sous mon appétit féroce, je m'hyperventilais jusqu'à la jouissance. Ah, quel pied mes aïeux!



14:41 - 29/04/2007 - commentaires {1} - commenter ce billet

Su-sucre
Memento mori


Contact


[en cours]
inscris-toi!
Hosting by YMLP.com

«  09 2008  »
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 

Essuie tes doigts
Portrait robot
Archives
Contre 10 bons points
Amis
Autre rive

Articles Recents
- 36 15 ma vie (ou le post le plus court de tous les temps)
- M.-J. et moi
- Ma trentaine, je t'aime! Ne nous marions pas, pour le meilleur, jusqu'à ce que la quarantaine nous sépare.
- Youhou...
- La débâcle de Gros Doigts


Blog Flux Pinger - reliable ping service.

Categories

-Blabla
-Sages les images
-Les fables de la femme fontaine
-Uppercut hypercuisant
-De Fortuna rerum
-Le kangourou qui a la langue dans la poche de son slip
-Elucubrations spiritueuses
-Expérience
-Chez Bonnibar



Lu(e) et approuvé(e)

Mouchards



Créer un blog - Blog2B News Signaler un Abus
Partenaires: Emoticones MSN - Forum Informatique - Forum Sciences - Guide d'Hawaï - Virus MSN